1.03.1957
Le premier du mois de mars à neuf heure du matin, les forces coloniales ont lancé une opération de recherche dans les mechtas voisines de celle de Bin « Laghdar » une région située entre El Milia et Sidi Marouf ; pour cause un groupe de Moudjahidines se cachait à proximité de la grotte « Laghdar » et a passé la nuit dans deux grottes.
Au matin l’ennemi a procédé à l’arrestation d’un groupe de citoyens innocents en les dirigeant vers la grotte pour une éventuelle fouille des lieux tout en utilisant ces civils comme bouclier de protection de toute attaque des Moudjahidines.
Un des Moudjahidines était sorti de la grotte pour s’enquérir des lieux a été abattu par l’ennemi qui a été le premier à lui tirer dessus et mourrait ainsi en martyr et il s’agissait de « Tebal Said » et devant cet état de fait les forces coloniales ont resserré l’étau et le bouclage de toute la grotte durant toute la nuit.
Au matin un des sous –officiers ayant le grade de sergent a tenté de pénétrer dans la grotte, mais un des Moudjahidines qui s’y trouvait en l’occurrence « Tebal Hocine » lui a tiré dessus et le descendait ainsi mort tout en récupérant son arme et continuait la résistance avec cette même arme.
Les forces coloniales n’ont pu s’emparer de la grotte, vu la riposte armée farouche des Moudjahidines durant toute la journée ce qui a obligé la nuit à passer une deuxième nuit.
L’appel à l’aide d’autres forces bien équipés d’engins étaient inévitables et ce pour prendre position autour de la grotte et pour une ultime action.
Au troisième jour quand les forces françaises se sont aperçus et étaient convaincus de l’impossibilité de S’emparer des lieux, ont utilisé les gaz toxiques tout en attaquant une dizaine de fois la grotte avec ce genre de bombes.
Et c’est ainsi tombait en martyr le moudjahid « Tebal Hocine »que dieu le tout puissant lui accorde sa sainte miséricorde et l’accueille en son vaste paradis. Quand au deuxième groupe de Moudjahidines qui se cachait dans une autre grotte a pu sen sortir sain et sauf du fait que l’ennemi n’a pu les découvrir.
Omar .K
L'exécution du colonel Marey chef de secteur militaire El Milia.
Le samedi 28/03/ 1959.
Avant son arrivée à El Milia le colonel Marey était le directeur de l'école d'instruction de l'armée française de Cherchell .
Lors d'une réunion entre hauts responsables ,il acclamait la chute de" Soustelle" gouverneur général de l'Algérie ,et lorsqu'un des présents voulait savoir le pourquoi de cette protestation,Marey monta sur une chaise (petite taille) et dit c'est moi qui acclamait la chute de soustelle.
Après ça on lui infligeait une sanction qui consiste à l'envoyer à la Nahia d' El Milia au nord constantinois réputée de zone dangereuse .
Effectivement le colonel Marey arrivait à El Milia en commençant par pratiquer une politique de sympathie envers les villageois ,en arrêtant sa voiture et donnait des bonbons aux gosses et jouait aux billes avec eux,facilitait l'entrée et sortie par les trois portes à l'intérieur d'une clôture tout autour du village en les voyant debout dans de longues files d'attente.
L'armée de libération (A.L.N) percevait mal cette méthode agressive et voyait en lui un représentant d'un pouvoir colonial de répression qui devrait disparaître de la surface de cette terre.
Une décision a été prise par les responsables militaires de la Nahia et de la Kassma 4
Pour son exécution.
Cette mission fut confiée aux deux Chahids ,le célèbre Bellara Mahmoud dit l'inspecteur et Krika Abdelhamid.
Après une préparation minutieuse les deux martyrs l'ont piégé en tendant une embuscade à sa voiture à 300 m du village en lui tirant dessus à coups de rafales et mourrait le samedi 28/03/1959.
Les deux martyrs rattrapaient le chauffeur au champ d'oliviers qui faisait face au bas de la route du coté gauche et tremblait de peur et l'ont chargé de transmettre un message verbal aux autorités françaises en leur faisant savoir qu'ils n'ont pas de place sur cette terre et s'ils veulent vivre ils n'ont qu'à rentrer chez eux .
Après cette opération les autorités militaires coloniales françaises ont réagi avec férocité en envoyant leur aviation bombarder les douars de Ouled Arbi et Mechat, ce qui poussa la population à fuir leurs maisons en direction des forets.
Parmi ces personnes une femme avec un fille nourrisson sur son dos, de la famille Friouakh de Ouled Arbi.
A la tombée de la nuit les habitants ont regagné leurs maisons par contre la femme n'est pas revenue.
Le lendemain au matin après des recherches elle a été retrouvée morte touchée par des fragments de bombe alors que la fille tétait le sein de sa maman.
Source: el-milia_info.oldiblog.com/
L’incident de la mosquée de Tanefdour.
En 1957 au patelin de Tanefdour situé au nord d’El Milia, alors que les citoyens faisaient la prière ‘’Aser ‘’ de l’après midi, un officier français accompagné d’un groupe de résistants sont entrés et commençaient par les insulter et les offenser de tous les mots, et par conséquent de là ils venaient de violer un lieu de foi sacré pour les musulmans.
Juste après leur sortie l’imam priait DIEU de les châtier avec l’amen de tous les croyants présent dans la mosquée.
Le lendemain cet officier français était à bord d’un véhicule accompagné de quelques soldats en traversant le pont en direction d’El Milia ,tombait dans une embuscade des Moudjahidines, et la voiture s’est renversée.
Sain et sauf l’officier sortit de la voiture et levait ses mains en signe de capitulation tout en ordonnant son soldat de faire de même.
Un des moudjahiddines en sortant de son refuge s’est vu surpris par cet officier avec son pistolet en le blessant et à partir de là le reste des membres de l’embuscade tirait sur tous les colons en les criblant de balles et furent tous tués.
C’est ainsi que DIEU a exaucé la prière des croyants en se vengeant du lieu sacré souillé par ces chenapans.
Omar. K
Source: el-milia_info.oldiblog.com/
La grande bataille de Mechat (El Milia) 15 avril 1957
En date du 15 avril 1957, une unité des forces de la wilaya appartenant au bataillon qui a été créé au mois de mars ayant mené plusieurs opérations importantes entre autre l’embuscade de l’oued Zegar à l’est de Ain Kechera de la Daïra de Collo et ce le 11/5/1957 ; s’est affronté avec un bataillon de l’infanterie des forces coloniales françaises, dans une grande bataille qui s’est poursuivie durant toute la journée.
C’était un jour de ramadhan pluvieux et un brouillard très épais qui n’a nullement facilité la tache et l’efficacité de l’intervention de l’aviation ennemie.
La bataille avait commencé par l’encerclement de nos forces d’une unité des forces
Étrangères qui est sortie de leur centre de cantonnement au douar « Irarem » et immédiatement cette dernière lançait un SOS.
C’est ainsi qu’arrivait au lieu de la bataille trente engins de l’ennemi, et de là débutait le carnage, face aux tirs bien visés, précis et au courage de nos hommes et l’efficacité de leurs armes modernes variées ; personnelles ou collectives ; les soldats ennemis étaient désemparés et se bataillaient dans un désordre permettant à nos forces de s’en prendre totalement sur eux et se sont retirés dont une majorité d’entre eux se sont réfugiés dans les maison des civils.
Un hélicoptère à son bord un colonel, commandant du bataillon survolait la bataille a été descendu par les armes des forces de l’ALN, de même que tous les occupants.
La bataille ne s’est terminée que dans les environs de dix huit heures après que nos forces ont contrôlé totalement le lieu de la bataille.
On dénombrait les pertes ennemies à 100 morts, un butin d’armes importantes et munitions diverses, quand aux nôtres huit morts et sept blessés.
Pour mémoire les youyous des femmes s’élevaient durant la bataille et les ravitaillaient avec « Al bakh » (semoule mélangée à l’huile), qui par ailleurs une femme a désarmé un soldat de son arme un MAT 49et l’avait remis aux Moudjahidines.
Quelques jours après cette bataille cinq soldats se sont enfuis, quatre allemands avec leurs armes et un turc sans arme, qui finalement après cette défaite cuisante l’ennemi s’est retiré.
Lors du survol de l’hélicoptère, qui à son bord l’officier français gradé colonel supervisait la bataille et dirigeait ses hommes et vu l’intensité du combat des deux forces et un brouillard très épais ne lui a nullement facilité la tache pour pouvoir différencier les deux camps.
De là un Moudjahid a pris un morceau de tissu blanc et commencé à faire signe avec en direction de l’hélicoptère, le colonel a cru que ses soldats lui faisaient signe de descendre.
C’est ainsi qu’il avait pris le soin de descende en direction du lieu du signal ; une fois à proximité du sol, des tirs nourris se sont abattus sur l’hélicoptère qui s’est déséquilibré et tombait au sol en prenant feu qui s’est soldé par la mort du colonel commandant des forces françaises de la région.
Omar.K
Source: el-milia_info.oldiblog.com/
Opération du « palmier ».Nakhla
Enlèvement de trois soldats français
9. janvier.1960.
Le colonel Trinquier ne s’est pas contenté de boucler le village d’El Milia avec une clôture électrifiée mais il a aussi essayé de l’encercler en plaçant plusieurs tours à guets ou miradors bien renforcés.
Assez hautes ; servant comme points de gardiennage et d’assaut, ajouter à cela l’observation de tout ce qui se passe dans la région comme mouvement à l’aide des jumelles dont disposait chaque tour qui des soldats français se relevaient pour faire le guet durant les 24 heures.
130 est Le nombre de tours atteint dans la wilaya 2 à elle seule et dont la plupart restent telles quelles sur les hauteurs et les sommets de montagnes jusqu’à ce jour.
Parmi ces centres, un appelé le palmier ou « NAKHLA » situé à 1 kilomètre au sud d’El MILIA tout prés de la route reliant la ville de Jijel à celle de Constantine. Cette tour était située sur un point haut et entouré d’une clôture et disposait d’une échelle à l’intérieur permettant au soldat de monter pour faire la garde, ajouter à cela des hublots permettant au soldat de voir toute incursion ou tentative d’être attaqué et par conséquent une riposte immédiate avec la mitrailleuse lourde de calibre 30 de fabrication américaine, fixée au dessus de la tour avec des chaînes solides.
Au début du mois de janvier 1960, comme par hasard parmi les rangs des soldats de garde français chargés de travailler à la tour du palmier (Nakhla) ; un algérien effectuait son service national originaire de la ville d’Oran qui s’appelait « Mohamed Dalouz » alors que les enfants bergers veillaient sur leur troupeau de moutons tout prés de la tour et ce d’une manière habituelle ; à tel point que les soldats blaguaient et discutaient avec eux.
Un des premiers jours de Janvier, un de ces enfants bergers de la tour a dit lors d’une discussion devant certains Moudjahidines que le soldat musulman du groupe lui a fait savoir qu’il est prêt à aider les Moudjahidines, s’ils veulent s’accaparer de la tour.
L’information s’est propagée comme une traînée de poudre parmi les Moudjahidines qui ont rapporté l’information au responsable d l’information et de la communication de la kasma en l’occurrence le défunt Moudjahid Ammar Guellil.
Il écrivait dans son livre « épopée da l’Algérie moderne » et je cite : immédiatement et de nuit je sui me suis rendu en compagnie de quelques Moudjahidines au lieu précis à savoir la mechta de Ouled Amiour à la recherche du petit berger de troupeau pour s’enquérir et confirmer le bien fondé de ses dires.
Le petit berger le nommé H.Ismail, sachant qu’on le recherchait, a fui en courant, pour cause et avoir su plus tard que sa mère lui avait interdit de parler aux Moudjahidines par peur que ces derniers en le chargeant de toute mission révolutionnaire, ne soient la cause de tout malheur qui pouvait lui arriver, si jamais l’ennemi le découvrait.
J’avais pris contact avec le responsable de la mechta qui a pu avec l’aide des compagnons Moudjahidines, trouver le petit berger et me le ramener.
Après l’avoir questionné sur le pourquoi de sa fuite, il disait ; que sa mère l’a ordonné » de ne pas rencontrer les Moudjahidines de telle façon il ne serait pas découvert par les français et aucun mal ne lui arriverait.
A cet effet je l’ai mis en confiance en lui expliquant que les Moudjahidines sont vos frères et nous combattons pour vous et non comme ces français qui vous tuent et brûlent vos maisons et en lui remettant 500 centimes.
Apres ça le petit s’est encouragé et a commencé à raconter avec franchise tout ce qu’il a entendu du soldat musulman qui travaillait à la tour du palmier.
Et de là j’ai demandé au berger d’aller à la tour et le contacter de nouveau, et le questionner s’il est toujours prêt à exécuter ce qu’il a dit ou non ? Lui faire savoir que se sont les Moudjahidines qui l’ont envoyé.
Effectivement le berger a pris contact avec le soldat musulman « Mohamed Dalouz » en lui transmettant le message verbal et a répondu par l’affirmative ; qu’il est prêt à les aider à occuper la tour.
Après avoir confirmé la véracité des informations, et la disponibilité du soldat algérien Mohamed Dalouz de nous aider à occuper la tour, je suis revenu la nuit d’après, à la mechta de Ouled Amiour avec un groupe de Moudjahidines :
B. Mahmoud: martyr.
A. Messaoud: martyr
L. Abdelmadjid: en vie
K. Saoudi : décédé.
On avait passé la nuit dans un refuge tout prés de la mechta .et au petit matin on est resté à guetter les lieux pour voir les mouvements de l’ennemi.
Et après avoir su qu’il n’ y’a aucun mouvement de l’ennemi dans la région ; on s’est dirigé à 8 heures du matin au domicile de la mère du petit berger qui n’est d’autre que la tante du « martyr B.Mahmoud » qui nous a bien reçu et particulièrement en voyant son neveu « martyr B.Mahmoud » en notre compagnie.
Une fois qu’on s’est assis un peu ; je lui ai demandé pourquoi cette frayeur que tu as fait naître à l’enfant à l’égard des Moudjahidines d’autant plus que nous faisons la révolution pour l’Algérie et tous les algériens doivent s’entraider pour que l’on puisse vivre en toute liberté et paix.
La femme s’est sentie gênée et n’a dit aucun mot.
Après cela elle a demandé à son petit enfant assis à coté d’elle d’aller chercher son frère et lui dire que sa maman le veut, du fait que l’enfant est sorti très tôt emmener son troupeau au lieu tout prés de la tour à guet.
Le berger s’est présenté et nous a trouvé là à l’attendre et de là je lui ai redemandé de
re-contacter le soldat Mohamed Dalouz et l’informer que les Moudjahidines sont là
Pour occuper la tour et à cet effet ils veulent savoir l’heure idéale, le mot de passe ou un signe que nous devions le savoir au préalable.
Nous avons demandé au berger de ne revenir qu’avec la réponse et plutôt l’envoyer avec son cousin plus âgé que lui qui s’appelait H.Abdelhamid pour ne pas attirer l’attention de ces multiples va et vient entre la maison et la tour qui n’est pas assez loin.
Après un moment assez court Abdelhamid est revenu pour nous dire que le soldat musulman vous dit, le rendez vous cette nuit à 2 heures, du fait que c’est son tour de garde ; quand au signe entre vous : il allumera et éteindra sa cigarette 2 fois de là un parmi vous se mettra debout à coté de la clôture pour qu’i puisse le voir.
Après la réception du message verbal nous sommes restés prêts toute la journée pour l’exécution de l’opération, des cordes pour attacher les soldats français prisonniers nous ont été ramenés par le responsable de la Mechta A.Hamouda.
Je me suis rendu compte à une chose très importante que les horaires entre nous les français sont différents.
2heures pour les français c’est bien 1 heure pour nous et nous ne sommes pas surs lequel est l’horaire de l’opération ; c’est pourquoi nous avons décidé de suivre l’horaire français du fait que le soldat travaille avec, parmi les forces françaises.
D’autre part on a ramené une scie métallique pour couper la chaîne qui attachait les armes, une lampe électrique qui nous permet de voir toute chose à l’intérieur de la tour une fois dedans.
A la tombée de l’obscurité nous avons fait mouvement tout prés du lieu de l’opération, et on est resté à observer les mouvements des patrouilles de garde qui arrivaient et repartaient, et par chance aucune d’elle n’a pu apercevoir notre lieu.
Avant l’heure prévue on s’est rapproché de la clôture et on a pu apercevoir le soldat « Mohames Dalouz » au sommet de la tour, en attente de son signe.
A deux heures juste, nous le voyant allumer et éteindre sa cigarette à deux reprises, et de là j’ai demandé au martyr Mahmoud. B de se mettre debout pour qu’i puisse le voir.
Une fois le martyr Mahmoud.B debout ; Mohamed Dalouz l’a vu et a pris le soin de faire monter l’échelle qui se trouvait qui se trouvait à l’intérieur de la tour et la fait descendre à l’extérieur et est descendu par-dessus, s’est rapproché de la portière et nous a ouvert la clôture et c’est ainsi qu’ont est entré.
En voyant la scie métallique il a dit que ça n’est pas nécessaire j’ai groupé les armes et sont détachées.
Deux des Moudjahidines en compagnie de Mohamed Dalouz sont entrés dans la tour alors que moi et le reste du groupe sont restés à l’extérieur pour parer à toute arrivée de patrouille française.
Les trois soldats français étaient plongés dans leur sommeil et surpris par les Moudjahidines, se sont éveillés abasourdis et pris de panique et de peur et poussés à l’extérieur, là je les attendait avec le reste du groupe avec les cordes pour les attacher.
Ayant remarqué qu’un des soldats, avait les pieds nus, j’ai demandé aux Moudjahidines de lui ramener ses chaussures sinon il va nous freiner dans notre marche.
Effectivement on lui a remis les chaussures mais j’ai remarqué qu’il les a mis au contraire la gauche sur la droite et vice versa tellement qu’il avait très peur.
Le butin se trouvant à l’intérieur de la tour et qu’on a pris le soin de la prendre est comme suit :
Une mitrailleuse 30(une bande de 1500 cartouches)
Un Mat 49
Deux MAS 51
Un MAS 36
Une caisse de grenades
L'habillement.
Avant notre départ on a pris le soin de couper les câbles téléphoniques pour mettre fin à toute liaison entre la tour et le PC 0El Milia.
Après cela on a pris mouvement avec les trois prisonniers et avec nous le héros Mohamed Dalouz en direction de la montagne, le mont de Boukhdache comme cafouillage du fait que ça n’était pas notre destination finale. Sans marcher trop longtemps on s’est dirigé à l’est en traversant entre les maisons en vue de perdre nos traces au matin .
Nous avons traversé la route nationale entre El Milia et Skikda ex Philippeville en direction du douar de Ouled Salah siège du PC de la kasma.
Au matin le PC français n’a pu avoir de contact avec la tour du fait que las câbles étaient coupés et de là un véhicule s’est déplacé sur le lieu et l’a trouvé vides de ses occupants ; armes et munitions.
Immédiatement des forces se sont déplacées en direction du mont de Boukhdache du fait que les premières traces étaient cette direction.
Le mont était encerclé de tous les cotés de même qu’un grand ratissage a été opéré et l’aviation survolait la région et ce jusqu’à la tombée de la nuit.
L’aviation lançait des bombes éclairantes qui la nuit obscure est devenue jour au dessus du mont Boukhdache.
Nous suivions les péripéties de cette opération de notre siège à l’est d’El Milia.
Une fois que les français n’ont trouvé aucune ombre au dessus de Boukhdache, ils se sont dirigés à l’est et au nord d’El Milia, en les encerclant avec des forces importantes à la recherche des soldats prisonniers et ce par crainte d’être transférés à l’extérieur et d’être présentés à la presse internationale comme cela a été le cas avec certains auparavant.
Quand les forces françaises se sont rapprochés de notre lieu on était obligé de changer de lieu à quatre reprises. L’encerclement très dur et la difficulté de se déplacer d’un lieu à un autre nous ont contraint à l’impossibilité de les garder. La conviction ; que les forces françaises vont les trouver s’ils restaient vivants. Nous n’avions aucune issue et la décision prise de les tuer et plus tard leurs cadavres ont été retrouvés.
Quand au soldat Mohamed Dalouz il est resté dans les rangs de la wilaya 2.
Lors d’un affrontement avec l’ennemi et ce en date du 8 mars 1960, il s’est séparé de son groupe, vue qu’il n’était pas de la région, il a eu beaucoup de difficultés pour se déplacer, retrouver le bon chemin et d’éviter l’étau de l’ennemi.
En se retrouvant face à l’ennemi il s’est battu jusqu’à épuisement de ses munitions et en terminant par briser son fusil en deux morceaux sur le tronc d’un arbre et tombait ainsi en martyr sous les balles de l’occupant français.
Son courage et son combat lui ont valu le salut militaire et la reconnaissance de l’officier qui s’est approché et voir de prés son corps.
Source: el-milia_info.oldiblog.com/
Embuscade du pont de Hamada
30/07/1960
Trois sections de Moudjahidines sous le commandement des responsables militaires de la Nahia ont tendu une embuscade bien ajustée au lieu dit pont Hamada sur la route reliant Collo à El Milia, non loin de cette dernière de 6 Kms au nord, à une section des forces ennemis françaises et les résistants qui se sont accoutumés à faire des sorties dans ces lieux et ce sur la base de renseignements et observations minutieuses.
A 5 h 45’ ,24 soldats ennemis ont été descendus dans l’embuscade alors qu’ils venaient du centre de Tanefdour ,les moudjahiddines les nourris de feux assez chauds avec leurs armes automatiques ,tous abattus et deux prisonniers harkis collaborateurs et un seul survivant ,le chien qui les accompagnait .
Le butin des Moudjahidines se résume par la prise de 20 pièces militaires :
12 fusils MAS calibre 33, 3 fusils Lebel, une mitrailleuse « vambar », 2mitrailleuses Thompson,
Un MAT 49 ,2 fusils carabines.
Le chahid Messaoud Khenifar est mort dans le champ de bataille alors qu’il était le responsable de la FERKA, et deux autres ont été atteints de blessures.
Après l’intervention des forces arrières, de l’ennemi en provenance de Ouled Ouat, les Moudjahidines ont pu s’en sortir malgré l’intervention de l’aviation.
Embuscade du 15/07/1961 de Beni Meslem.
Au matin de ce jour et de bonheur un groupe de 82 moudjahids sous le commandement des responsables militaires des kasmas 2 et 3 de la Nahia 1 a tendu une embuscade 0 un convoi de ravitaillement des troupes militaires ennemis au lieu dit Armila au douar de Beni Meslem situé à environ de 6 kilomètres du village d’El Ancer.
Dés le lever du jour deux voitures de l’ennemi étaient apparues et se dirigeaient à El Ancer et ses occupants étaient en fête à l’occasion de la célébration du 14 Juillet.
Prises dans l’embuscade et sous les feus nourris des Moudjahidines et ce de tous les cotés durant un quart d’heure.
Résultats de ces tirs, tous les militaires ont été descendus à savoir des tués et blessés parmi eux deux officiers.
Les Moudjahidines les ont encerclé et emporter les armes, matériel et vêtements et comme butin une mitrailleuse 24/29 ,3MAS 51,2 MAS 49, une Radio, 12 unités MAT 49, une machine à écrire ,3 PAT 9 mm, deux cartables, une quantité importante de cartouches et de grenades et des tenues militaires.
Du coté Moudjahidines un Chahid est tombé dans le champ de bataille, il s’agit de Rabah Boukbir ,3 blessés et c’est ainsi que les Moudjahidines étaient repartis satisfaits avec le butin.
Au soir l’ennemi s’est empressé de bloquer et encercler les douars de Mechat,
Beni Fergane et Lajbala, mais toutefois sans succès.
Traduit du livre “ l’épopée de l’Algérie moderne “
Tome 2 de Ammar Guellil.
Omar .K
EMBUSCADE DE BEN HAMED "DRAA BOULAKCHER"
22/02/1956 EL MILIA ALGERIE
Le 22/02/1956 deux sections de Moudjahidines se sont placés au petit matin au lieu dit "djebel Ben Hamed "mont Ben Hamed ou "Draa Boulakcher " à 3 Kms non loin d’El Milia ,dont l'objectif une embuscade à un convoi militaire ennemi.
Une section de jounouds a passé la nuit au lieu dit Dardar et l’autre section à Ouled Arbi et un guide éclaireur de la première section était au lieu dit l’oued Bazir pour attendre et accompagner la deuxième section (toujours en vie) au lieu d’embuscade.
A midi le convoi est arrivé au lieu d’embuscade, qui se dirigeait d'El Milia vers Skikda "Philippeville», immédiatement les Moudjahidines (plus de deux cent selon les témoins vivants) avaient commencé à tirer sans répit avec leur armement. L’opération s'est transformée d'embuscade en une chaude bataille ; du fait qu’un des jounouds après épuisement de ses munitions, bien que blessé à l’épaule s’est lancé sur un soldat français et a pu sauver sa peau.
En fin de compte 95 militaires français tués en plus des blessés ,4 engins incendiés et la fuite d’un soldat ennemi de la bataille avec un engin militaire en direction d’El Milia et n’a pu être joint par les Moudjahidines. Le butin en armement et matériel se résume comme suit :
36 pièces militaires diverses dont 2 fusils, 2 mitrailleuses, de type 24/29 ,16 fusils MAT 36 ,16 mitrailleuses MAT 49,2 pistolets, 2 mitrailleuses.
Les Moudjahidines tombés au champs d'honneur au nombre de trois sont:BOUREGDA Amar, BENYEZZAR El foudil et BOUDLAL Boukhmiss.
D'autre part les sections de secours appelés en renforts venus de Boudoukha, Catinat, Zerzour, et El Milia ont subi de lourdes pertes.
Après deux heures de combat et suite au départ des Moudjahidines en direction de Mechat, une harde de l'aviation a bombardé les paisibles mechtas de Ouled Kassem.
Omar. K
Source: el-milia_info.oldiblog.com/
La célèbre bataille de Settara ex Catinat
Nahia El Milia
C'est arrivé le 26 avril de l'année 1958 au lieu dit " Settara " au mont Dar Al Hadada du Douar de Beni Sbih loin de la commune de Settara Ex Catinat de 26 kilomètres au sud est
Ce lieu etait autrefois parmi les centres célèbres de la Wilaya 2,zone 2 qui s'étend à travers les vallées de Constantine et la zone 5 "ville de Constantine"et le reste des moudjahidines qui viennent des autres régions"nahia",autrefois tous les douars étaient des zones interdites,et la révolution était en phase concrète de force.
Du fait qu'elle a procédé à l'ouverture de tranchées et de cassmates (caches souterraines) à titre préventif de tout raid aérien français,d'autre part les moudjahidines ont construit des gourbis comme centres dans la foret en prévision de tout bombardement surprise aérien.
L'armée française n'arrivait plus à atteindre ce lieu excepté dans le cas de grand blocus ou avec les moyens d'observation à partir des centres ou de patrouilles de loin .
La création en pleine foret d'un souk général (marché), sa fréquentation par les membres de l'armée de libération nationale et les habitants des douars environnants a attiré l'attention de l'ennemi.
Très tôt au matin de ce jour cité plus haut ,l'ennemi a préparé ses forces ,et c'est ainsi que des colonnes armée commençaient à bouger de partout et des centres suivants: Graveflote,Grarem ,Bounaaja,Lemsara,Ezzerka,Larba Oum Toub,Draa Lech-heb,Ain Kechera Boudoukha,El Milia,Boulahmame,Boulemrouj,Sidi Ezerrouk,afin d'exécuter et mettre en oeuvre un blocus assez large et général,mieux que de placer des batteries d'artillerie à El Kafch ou le point élevé de Ma Labiod .
Les forces ennemis ont été contraintes par les moudjahidines en cours de route à des affrontements à Drama , Kef Leghreb,Beni Sbih,El Maida,Zekrana ,mais restent plutôt sans envie , mais par contre elles tiennent à atteindre leur objectif et arriver au mont Settara à temps d'autant plus que cela fait plus d'une année qu'elles n'ont pas mis pieds dans cette nahia,et qu'une bataille a eu lieu à proximité de celle là et les forces ennemis ont eu plusieurs pertes comme Zekrana le 13avril 1957 et Oued Zegar le 11mai 1957.
C'etait une saison printanière qui promettait espoir,(l'aube respirait du jour petit à petit alors que les périodes d'avril caressaient les créatures en s' éveillant à l'aise ,par contre ce jour là, toute chose de la nature n'est comme d'habitude mais pourquoi?
Les moudjahidines stationnés dans ce lieu disposaient d'une station de réception du type 300 comme butin de l'opération Zekrana, manipulé par "si l'Hocine lakbaili"malheureusement les transmissions chiffrées de l'ennemi n'étaient pas claires.
Leur force était une division qui disposait d'un armement important de 13 fusils mitrailleurs de type 30 Allemand Willis 7 Brown anglais et américains et 29 français sans compter les autres armements de guerre.
A cinq heures du matin l'aviation couvrait l'espace aérien en toute altitude et tout sens et commençaient par un bombardement surprise intensif destructeur des casemates "refuges"
Les Moudjahidines se sont cantonnés au lieu célèbre Settara sous le commandement du chahid Moustafa Filali quand aux civils ils se sont enfuis vers les refuges conçus à cet effet.
Le champ était ainsi ouvert au forces héliportés de couvrir les lieux et de voir
d' impressionnantes forces armées françaises boucler la montagne dans toutes les directions en plaçant son matériel militaire de terrain et les soldats sur les rives du plateau et lançaient des frappes violentes sur les bases des moudjahidines.
La bataille s'est enflammée à l'arrivée de l'ennemi à neuf heures ,les deux parties se sont entretués dans un combat féroce ,frissonnant ou les divers armements ont été utilisés intensément par les deux parties.
Les Moudjahidines sont arrivés à repousser l'offensive ennemie et leur infliger des pertes importantes dans ses rangs ce qui les a contraint à évacuer ses morts et blessés et les transporter et réorganiser son offensive en trois rangs semi circulaires et relancer le combat encore plus violemment en effectuant un retrait tactique, pour laisser place à l'aviation et l'artillerie et reprendre l'offensive .
Et c'est ainsi que s'est poursuivie la bataille au profit des Moudjahidines jusqu'à l'après midi ,d'autre part ils étaient mal à l'aise vu le nombre important de morts ,le marquage se faisait sur leurs corps pour les différencier et transporter les français et laisser les morts des collaborateurs et harkis sur les lieux .
Aux environs de 15 heures ,l'arrivée en renfort de cinquante engins de transport de parachutistes en provenance de Skikda et à leur tête une colonne blindée et l'attaque reprend en premier avec les blindés munis d'armes destructives de même que le corps à corps avec armes blanches était en action sur les lieux et ce jusqu'à dix neuf heures du soir,ce qui a fallu l'intervention de l'aviation pour l'éclairage des lieux.
Durant la nuit certains Moudjahidines sont arrivés à traverser l'ennemi tout en utilisant balles et grenades et finalement rester sains et saufs.
L'armée française a commis des crimes abominables en se permettant de tuer des civils hommes , femmes et enfants collectivement et ce d'une façon indescriptible ,d’où la découverte de familles entières dans les refuges ayant fui de la mort de l'aviation qui en fin de compte ont été anéanties sous terre avec son armement.
C'est ainsi que se terminait l'une des épopées de la révolution armée ,la bataille célèbre de Settara qui a vu l'ennemi s'engager avec sa grande flotte aérienne est ses chars et blindes modernes et son commandement,techniquement élevé en guerre et ses armées tractrices .
1100 morts du coté ennemi ,était un coup sévère qui a fait bouger leur état major .
du coté Moudjahidines on dénombrait 110 martyrs et la destruction de tout l'armement ,300 civils tués.
Le lendemain au retour d'un contingent e leur force en direction de Catinat ,une embuscade leur est tendue par les Moudjahidines au lieu dit Mezghanine au Douar Boucharef , qui leur ont fait subir d'autres pertes humaines et on fait descendre deux avions et en quittant les lieux à la tombée de la nuit.
Pour immortaliser cette bataille l'ex Catinat a été renommé "Settara"du fait que cette bataille était parmi les plus grandes qu'a mené l'armée de libération nationale durant la révolution dans le nord constantinois.
Omar Krioui
«On torturait en toute impunité»
www.elwatan.com 25.11.2000
Les témoignages sur la torture parus dans le quotidien Le Monde le 11 novembre font penser... à des actes de repentance. Ils sont trois à avoir osé lever le voile sur la face hideuse de leur présence en Algérie. Un est capitaine, les deux autres sont de simples soldats. Leurs histoires sont similaires, elles sont toutes horribles et ressemblent à des cauchemars que l’on veut oublier.
Mais leur mémoire est traîtresse, elle les a rattrapés pour mieux les hanter. Une centrale du journal Le Monde leur a été ainsi consacrée libérant leur parole : Pierre Alban Thomas, lieutenant-colonel à la retraite, est arrivé en Algérie en 1954 en qualité de commandant de compagnie pour finir chef du 2e Bureau, chargé du renseignement, dans le secteur d’El Milia. C’est dans cette ville qu’il a découvert la torture. Seulement, il ajoute qu’elle se faisait «en cachette» : «Il n'y avait pas d’ordre supérieur, mais nous avions des résultats à obtenir.» Le colonel avoue avoir assisté à des séances de torture dans les caves de la gendarmerie d’El Milia : «Avant, les militaires utilisaient la gégène produisant un courant électrique de 80 volts. Par la suite, les inspecteurs utilisaient le courant du secteur. Dans la cave, ils ne s’embêtaient plus à tourner la manivelle. Ils se branchaient sur 110 volts. Ils pinçaient une électrode à l’oreille et l’autre à la verge. Les résultats étaient terribles, les hommes se révulsaient...» Le narrateur s’est dit être «dégoûté» de ces scènes, mais avoue sa lâcheté : «Je n’ai pas été courageux. Sinon, j’aurais hurlé mon dégoût. Je n’ai rien dit. J’ai subi.» Le témoin va plus loin et raconte le traitement réservé aux victimes : «Je n’ai jamais vu de morts. Beaucoup tombaient dans les pommes, ils suffoquaient après avoir ingurgité de la flotte. On les giflait pour les ranimer. Les séances duraient au minimum une heure, se prolongeaient pour certains...Oui, l’électricité, la baignoire, je les ai vues. Mais il existait d’autres procédés. Pour les pros de la PJ, il y avait banalisation : ils faisaient ça comme un fonctionnaire va au bureau. A Batna, certains officiers poussaient le sadisme jusqu’à se vanter de la torture comme d’un amusement. Ils s'échangeaient des méthodes d’interrogatoires comme des recettes de cuisine...» Pour ce militaire, pourtant, les principaux responsables sont les politiques qui «ferment les yeux» sur les moyens appliqués. André Brémaud était, lui, appelé quand il a rejoint le 10e bataillon de chasseurs à pied, basé à Nouader, dans les Aurès. Il y est resté 23 mois... Pendant toute cette période, André se demandait ce qu’il faisait dans le camp où il était de service : «Mater les indépendantistes, c’est tout ce qu’on savait», dit-il. Il savait aussi que par ennui, par dépit, «l’un des copains faisait le pari, par exemple, d’aller descendre un des détenus dans la tente d’à côté pour une caisse de bière ; l’autre pariait qu’il allait effectuer une descente dans le village voisin et nous ramener une oreille (ce qu’il faisait). Un autre, un capitaine, se déguisait avec une djellaba et partait «casser du fell», comme il disait. Un autre avait pour habitude de sortir faire des expéditions hors du camp pour aller violer des filles», confie-t-il. Selon lui, «il n’y avait pas de limites, jamais de rappel à l’ordre ni de sanctions» : «C’était la déchéance. Toute l’ambiance était comme ça ; on se laissait glisser, et puis, on devenait indifférent. Les gifles, les insultes, les coups qu’on assénait aux prisonniers, ça ne nous faisait plus rien. On était pris dans un sale jeu, tout nous paraissait naturel», ajoute-t-il encore. Le troisième témoin interviewé par Le Monde est un autre ancien appelé. Georges Fogel a été envoyé en Algérie de mars 1957 à janvier 1958 au sein du premier escadron du 28e régiment de Dragons, près du Zaccar au sud-ouest d’Alger. Dans son témoignage sur la torture, il s’attarde surtout sur l’attitude des gendarmes qui «torturaient devant les membres de leurs familles qui regardaient à partir du premier étage de la bâtisse». Lui aussi, en retournant en France, a participé à toutes les manifestations contre la guerre d’Algérie. Il a fait le contraire de ce que lui avait recommandé un commandant la veille de son départ d’Alger. Il avait dit : «Vous avez vu pas mal de choses en Algérie. Ne les racontez pas en France, car cela ne pourrait que servir la propagande des communistes et des mauvais Français, du genre de François Mauriac.»
11 Décembre 1960Manifestations à El-Milia de la Wilaya II
J’avais à peine 16 ans et je me sentais déjà vieux. Elevé dans une famille de militants, nous n’avions jamais connu de vie paisible, arrestations, rafles, déportations et tortures étaient notre lot quotidien, c’était notre destin.Un matin de décembre nous étions réunis sur la place centrale de la ville, un matin brumeux, les vieux, les jeunes et les femmes, étaient là rassemblés, les visages fermés, les mines blêmes, nous étions là, regroupés sans aucun organisateur, clandestinité oblige, vu qu’il y avait un danger d’être arrêté, autant éviter.Les cafés étaient pleins à craquer créant ainsi une buée épaisse sur les vitres, les plus peureux étaient à l’intérieur, heureusement très peu, dehors il était impossible de reconnaître qui que ce soit, tellement il y avait foule.Il était 8h, un matin froid et glacial, tout était calme, les magasins ouverts et les cafés pleins, quoi de plus normal.Nous étions des jeunes du collège d’enseignement technique, nous avions le même âge, et avions des copains qui avaient déjà rejoint le maquis, et nous attendions, notre tour, pour rejoindre la katiba, et pour signifier notre engagement à l’ALN, il fallait exécuter un acte de bravoure et attendre l’ordre.Nous étions tous préparés à cette manifestation car depuis quelques jours c’était le sujet de toute la ville. Qui allait donner l’ordre ? Qui allait encadrer l’opération ? Rien ! Nous étions tous des anonymes.Personne ne parlait à personne, la situation était dangereuse, silence total, puis soudain des jeeps arrivèrent et tournoyèrent sur la place avec des officiers, suivis des GMC pleins à craquer de soldats munis de manches de pioches et de gourdins, armés jusqu’aux dents. Les blindés ont surgi on ne sait d’où et ont encerclé la place.Les soldats ont commencé à se mettre en sentinelle à la Recette des contributions et à la poste et un café bar était situé entre les deux édifices. Un peu plus bas c’était autour de la mairie d’être protégé, le commissariat situé en plein centre-ville était en alerte. Qu’allait-il se passer ?Soudain ! Un homme connu dans la ville d’El-MIlia s’approcha de nous, inquiet mais souriant nous faisant un geste de la main très discrètement et nous apostropha, haya ya louled el ouakt ? (les enfants, c’est le moment). C’était aâmi Smaïn Zaïmeche (que Dieu ait son âme) décédé après l’Indépendance, cet homme avait connu les pires souffrances dans sa vie de militant.A ce moment, c’est la déferlante, la descente en enfer, les cris, les youyous et les bousculades, à un moment donné surgissaient des femmes emblème à la main et scandant des chants patriotiques donnant des frissons à toutes les manifestations y compris aux ennemis. Maintenant place à la bastonnade, des soldats accouraient de partout et les coups fusèrent, blessures, évanouissements et arrestations commencèrent. Quel vacarme !Quelques soldats s’emparèrent de jeunes filles qui scandaient Tahya El-Djazaïr, en voulant les arrêter, impossible, elles se faufilaient à travers les artères de la ville, entre les arbres ou se réfugiaient carrément dans les magasins ouverts. Deux jeunes filles dont je tairais le nom étaient poursuivis et ont été arrêtées sur l’avenue principale face à l’église, elles furent frappées, malmenées pour être finalement dévêtues toutes nues et relâchées dans la rue.Les militaires étaient là à les regarder et à leur grande surprise, les deux jeunes filles s’emparèrent une fois encore du drapeau national et continuèrent à manifester en lançant à la figure des soldats éberlués leurs revendications pour la liberté.A ce moment, nous les hommes sentions l’humiliation atteindre son paroxysme, et ce fut la bagarre générale. Nos yeux se mouillaient dans cette confusion, il y avait de la tristesse mais aussi de la joie d’un peuple qui se libère du colonialisme abject subit par notre peuple depuis 130 années.La bravoure des hommes et des femmes qui se révoltaient contre l’injustice.Les deux jeunes filles continuaient de scander Tahya El-Djazaïr, arrivées à la ligne à proximité du magasin de Bakiri situé face à l’école des filles, elles ont été secourues par le propriétaire du magasin qui les enveloppa dans deux châles qui étaient accrochées à la porte du magasin. Juste à ce moment-là une jeep surgit à toute allure et fonça sur la première des deux jeunes filles en l’éjectant à plus de 10 m sur la chaussée, elle était là, baignant dans son sang. Fin de parcours d’une combattante. Elle était dans un piteux état. Le massacre se généralisera, puis ce fut la fermeture des magasins, des cafés, arrestations, bousculades et bastonnades.Les hommes arrêtés étaient dirigés droit vers le centre de tri réservé pour ses pratiques d’une grande expérience géré par les DOP très réputé à El-Milia.Après le massacre et les arrestations, un silence pesa sur la ville déserte, mais notre seule préoccupation, c’était de nous informer sur les personnes arrêtées.Nous avons connu l’enfer, le doute nous envahissait une fois de plus sur une probable arrestation car nous avions été filmés par le receveur des contributions de son balcon.La vie quotidienne des El-Miliens, c’était les accrochages, les attentats, les rafles, les arrestations, la torture, les exécutions et les déportations durant sept années sans interruption.Bien avant les manifestations de décembre, El-Milia réputé ville courage ; ville rebelle et ville martyr a connu les opérations de grandes envergures, hommage à ces grands moudjahidine qui vivent et meurent dans l’anonymat et dans la discrétion la plus absolue, mais ne dit-on pas que les héros ne meurent jamais !
25 avril 2008
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